La zoothérapie lui redonne confiance chez le dentiste

Par Sylvie Lamoureux
Zoothérapeute
Membre de l’Association des naturopathes
professionnels du Québec (ANPQ)

Texte adapté par François G. Cellier

19 juillet 2017 — Laissez-moi vous raconter une histoire que j’ai vécue récemment. Un enfant arrive à la clinique dentaire Rachel Carrier. On doit lui faire son examen annuel, ainsi qu’un détartrage de dents. Tout ce qu’il y a de plus anodin, me direz-vous?

Sauf que ce bel enfant a vécu plusieurs traumatismes dans le passé : contentions multiples et anesthésies générales pour recevoir des soins dentaires. Tout cela a laissé des traces. Cet enfant a perdu confiance en l’adulte, et même en ceux qui lui veulent du bien. Au bout d’un moment, sa mère ne voulait plus qu’il subisse ces anesthésies générales. Et ça se comprend! Nous avions donc comme mission de procéder à la « réinsertion dentaire » de son enfant. Pour y parvenir, quoi de mieux que la zoothérapie chez le dentiste?

Terrorisé

D’emblée, cet enfant est entré dans la clinique en pleurant. J’ai été la première à l’accueillir. Tout de suite, je me suis dit qu’il avait besoin de retrouver l’estime de lui-même. Je lui demande donc de passer derrière le comptoir pour venir saluer ma chienne, Colette, qui est installée sur son coussin. Rien à faire, l’enfant continue de pleurer doucement, avec la terreur au ventre.

Je décide alors de frapper le grand coup. Avec une force aussi grande que la crainte qu’il ressent. Je veux que ses peurs cèdent la place à un désir de devenir grand. Après avoir demandé à sa mère de m’accorder quelques instants, je demande à l’enfant s’il souhaite devenir le patron de Colette pour une journée. Ses grands yeux mouillés s’ouvrent. Je poursuis en lui disant qu’il sera aussi mon patron, ainsi que celui de l’hygiéniste dentaire (Joannie) et de la dentiste elle-même.

La tournée du président

« Aujourd’hui, tout ce que tu décideras sera approprié et accepté », ai-je dit à l’enfant. Ce dernier regarde sa mère, car il n’est pas certain d’avoir compris. Quoi qu’il en soit, il finit par accepter ma proposition. Je lui cède alors la laisse de Colette, qui l’amène en tournée dans la clinique. Il n’aura qu’à nous prévenir lorsqu’il sera prêt à s’asseoir sur la chaise de la dentiste. Pendant cette visite, Colette regarde parfois derrière elle, pour vérifier si l’enfant la suit toujours.

Au bout d’un moment, ma chienne, qui connaît parfaitement le chemin qui mène à la salle de la dentiste, s’y trouve avec l’enfant. Le tour est joué. La première phase de l’acceptation de la salle se fait sans heurts. L’enfant n’y voit que du feu. Colette utilise toujours le même stratagème, c’est-à-dire qu’elle se place sur un côté de la chaise, se sert de l’accoudoir pour grimper dessus et s’y installer. Je lui demande ensuite de faire une place à l’enfant, et j’attends que ce dernier s’assoit lui-même. Une fois fait, la phase deux est acceptée.

C’est là que la force de la Triade entre en jeu. Je veux dire que ma relation avec l’enfant, Colette et moi-même est suffisamment stable pour me permettre d’introduire Joannie à notre trio. Je lui présente donc l’enfant, tout en l’avisant que nous avons un nouveau patron aujourd’hui. Ce que je m’empresse de valider avec l’enfant.

Confiance retrouvée

Pendant que Joannie accomplit son travail, c’est l’enfant lui-même qui lui indique les dents à nettoyer. Elle suit ses instructions à la lettre, tandis que Colette nous fait rire de bon cœur avec ses pitreries. Tout compte fait, c’est le résultat qui compte. Cet enfant a pu refaire confiance au personnel d’une clinique dentaire. La présence de sa mère, qui pleurait dans la salle d’attente en nous entendant rire, n’a pas été requise pendant cette séance de nettoyage.

En fait, jamais n’avait-elle vu son enfant être aussi heureux d’être chez le dentiste. Lorsqu’il est allé la rejoindre, il lui a dit qu’il avait réussi. Nous en étions tous ravies, y compris Colette, qui a esquissé un sourire.

C’est ce qui s’appelle être à l’écoute de l’autre, pour ainsi lui permettre d’exister! Merci à cet enfant, qui nous a permis de faire une différence dans sa vie. Non, vraiment, je ne changerais pour rien au monde mon travail d’intervenante en zoothérapie.

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