Trouver la dimension animale (2)

26 août 2017 — Notre chroniqueur manie les mots avec doigté et tire plus vite que la langue française. Dans la troisième tranche de ses carnets animaliers, il donne suite à la seconde qui nous fait entrer dans un univers fascinant, soit celui des animaux qui ont enfin trouvé un refuge digne de ce nom.

Reclus dans une forêt opaque où la lumière brillait à chaque extrémité, j’avais atteint une première finalité du voyage, au sein d’un refuge animalier interdit aux non-initiés. Autour de moi trônaient de petits royaumes empreints d’harmonie. Tous les animaux y avaient leur place. Personne ne cherchait à bousculer l’autre, à découdre le bonheur de ne plus être aux aguets. Je me berçais d’un doux vertige que j’interprétais comme une absolution.

La silhouette de l’ombre

Près d’un sentier qui se perdait en longueur, j’aperçus une silhouette dont les contours m’étaient inconnus. Irrésistiblement attiré par ses mouvements réguliers et apaisants, je m’en approchai prudemment. Arrivé à proximité de cette forme que je n’arrivais toujours pas à décrypter, j’entendis un son étrange qui venait d’on ne sait où, mais dont les nuances inspiraient le recul; un calme vertueux et l’envie d’arrêter le temps. Puis, soudain, cette silhouette s’enroula autour de moi comme une ombre. Je ressentis aussitôt une envie de me redécouvrir, d’explorer en moi ce que je ne soupçonnais même pas.

Une explosion d’idées résonna dans mon cortex cérébral. J’imaginais le fruit désormais permis; la lente ascension vers des hauteurs jamais atteintes. Pendant ce temps, un début d’ivresse me fit voir des mains tendues passant me prendre. Elles m’attrapèrent au vol et m’emmenèrent très haut et très loin. Ma quiétude prit alors des proportions jamais vues jusqu’ici. La dimension terrestre n’existait plus, bien que j’en apercevais les bribes confuses dans cette altitude bienfaisante.

Le film d’une vie

Après avoir survolé les temples de ma destinée, ces mains me déposèrent où l’avenir n’avait qu’à être saisi. Où tout était accessible sans effort. Encore éberlué par ce long périple aérien, je peinais à croire ce que je voyais. Des couleurs multiples et inimaginables éblouissaient mon regard. Un film relatant les faits saillants de ma vie défilait devant moi. La genèse n’était plus très loin. Elle m’expliquerait le pourquoi du comment. Pour quelle raison nous nous questionnons sans fin. Je parviendrais ainsi à franchir la prochaine étape, qui me rapprocherait davantage de ce qui, pour l’instant, nous échappe inlassablement.

J’étais donc arrivé à cette première destination. Celle que je n’aurais jamais aperçue, ne serait-ce que dans un rêve légitime. Celle à laquelle je n’aurais pu accéder sans être invité. Celle qui me permettait d’espérer davantage, maintenant que je goûte aux saveurs inédites. Celle qui me donnerait envie d’aller m’abreuver d’espoir, blotti dans un savoir débutant, une envie naissante et une saveur résiliente. J’avais enfin saisi toute la pertinence d’être désorienté, car cet état n’était en fait qu’un passage nécessaire.

Le meilleur m’attendait quelque part dans cette contrée aux horizons rapprochés. La quintessence révélait des odeurs aux parfums venus d’ailleurs. L’intensité du bonheur était là, prête à être cueillie, aux confins des exaltations et au début d’un renouveau prêt à redéfinir la norme.

Photo 1: hhach
Photo 2: DeltaWorks
Photo 3: fotshot

Pour lire la première partie de ce récit, cliquer cet hyperlien.

 

 

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