Handler: la passion des chiens de race

9 juin 2017 — Serge Boudrias exerce un métier pratiquement inconnu du grand public, mais combien important pour valoriser et promouvoir l’élevage canin éthique. En tant que manieur (handler) de chiens de race lors d’exposition, il s’expose lui-même et doit donner un spectacle sans faute, ou presque. Les animaux qu’il doit amener sur un podium sont sélectionnés auprès d’éleveurs réputés. Tous sont enregistrés au Club canin canadien (CCC).

Les expositions canines ont comme objectif d’identifier les chiens les plus méritants, en vertu de critères établis par le CCC. « Un juge décerne les meilleures notes à ceux qui, en fonction de standards propres à leur race, se rapprochent le plus des caractéristiques recherchées et exigées », détaille Serge Boudrias. Cela participe à la préservation des qualités d’origines propres à chaque race.

Un champion

Véritable « star » dans son domaine, en raison d’un parcours professionnel qui l’a mené vers les plus hauts sommets, l’homme ne compte plus les championnats remportés au fil du temps. Pour tout dire, ses qualités en tant que handler professionnel sont remarquables, par le fait d’une propension soutenue vers l’excellence.

Gagner est le but ultime pour lui. S’il n’atteint pas cet objectif à tous les coups, il parvient néanmoins à se maintenir en tête du peloton. Outre ses nombreuses victoires, il a amené plusieurs chiens dans le Top 5. En 2012, l’homme a obtenu des mentions dans la catégorie 1er de groupe avec 11 chiens de race différente. Et pour couronner le tout, Serge Boudrias fera éventuellement son entrée au sein d’un groupe sélect, lorsqu’il deviendra juge d’expositions canines.

Au total, sur les quelque 200 races canines reconnues par le CCC, Serge Boudrias en a présenté plus de 70 depuis ses débuts dans le métier, qui a commencé dans les années 1970. Son ardoise comprend notamment des Bergers Belges, des Griffons Korthal, des Chihuahuas, des Golden Retriever, des Labrador ainsi que des Teckels. Cette passion pour le handling professionnel lui a été inspirée par son père, qui était lui aussi un grand amateur de chiens de race. Membre en règle du CCC et membre fondateur du Club canin de Chomedey, Serge Boudrias a également été éleveur de Bergers Belges pendant 30 ans.

Passer le test

Pour qu’un chien puisse se distinguer des autres lors d’une exposition, et possiblement rafler les grands honneurs, sa silhouette et sa morphologie doivent être quasi parfaites. La démarche, la dentition, la forme des oreilles et de la tête sont d’autres parties du corps évaluées par un juge. Certaines couleurs sont proscrites. À titre d’exemple, un Chihuahua ne peut pas arborer des teintes merles sur son pelage, sous peine d’être disqualifié.

La planification en vue de participer à un concours est une autre donnée capitale. Il faut préparer l’animal à faire une entrée magistrale dans le ring. On y parviendra en faisant ressortir ses points forts. Dans le feu de l’action, le chien se doit d’être discipliné et imperturbable. Il devra demeurer en position statique pendant un certain temps, de sorte qu’un juge puisse examiner son profil. L’animal sera ensuite scruté à la loupe, pour entre autres vérifier la couleur des yeux, la texture du poil et le port d’oreilles. Dans le cas d’un Berger Allemand, celles-ci doivent être portées hautes sur la tête. Le positionnement des épaules et l’attache de queue figurent parmi d’autres observations prises en compte.

Choisir le bon éleveur

Serge Boudrias insiste sur l’importance d’opter pour un chien de race digne de ce nom. Lui-même ne fait affaire qu’avec des éleveurs qui prônent la rigueur et le perfectionnisme. Tout acheteur devrait avoir cette notion en tête. Il pourra ainsi orienter ses recherches vers la bonne enseigne, et trouver un animal dont les gènes ne comportent aucune tare, afin d’éviter certaines maladies héréditaires.

« Il faut miser sur des chiens d’une excellente lignée, afin d’éviter les boîtes à surprises », nous dit Serge Boudrias. Pour y parvenir, les bons éleveurs choisissent des chiens reproducteurs triés sur le volet. Ils tiennent compte de leur tempérament, ainsi que d’autres considérations d’ordre physique.

Obstiné

Réussir dans le domaine du handling passe par la résilience et l’obstination. « Il faut s’accrocher et être passionné, autrement on aura tôt fait de s’éjecter soi-même du milieu. J’ai vu passer plusieurs étoiles filantes dans cette profession », confie Serge Boudrias.

Métier d’une grande utilité dont la portée est inestimable, le handling gagne à être connu. Il est réservé aux candidats consciencieux, voire aux puristes qui désirent participer à la pérennité des nombreuses races canines. Au final, ce sont les acheteurs qui en ressortiront gagnants, car ils pourront acquérir des animaux dont les caractéristiques seront fidèles à celles d’origine.

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Photo1: France Godbout
Photo 2: Zendach teckel SS