Jill Devo: une toile inoubliable en hommage à Patrick Bourgeois

Par François G. Cellier

5 mai 2018 – L’artiste peintre Jill Devo a vu sa carrière prendre une autre tournure, le 11 décembre 2017, pendant les funérailles du défunt chanteur populaire Patrick Bourgeois. Depuis qu’elle a peint son portrait, qui fut l’élément central des cérémonies entourant un décès très médiatisé, elle trône parmi les êtres d’exception qui carburent au talent et à l’extase. Cette toile, qui fut inspirée d’une photo publiée sur l’album 3 du groupe les BB, est devenue l’une des références par excellence d’un musicien surdoué.

Cette histoire invraisemblable a pris sa source en novembre dernier, lorsque les médias ont annoncé la mort du chanteur. Pour lui rendre hommage, Jill Devo a décidé d’en immortaliser l’image sur une toile, qu’elle a mise en ligne sur Facebook. L’engouement fut instantané, au point que la belle-mère du défunt l’a acquise pour l’offrir à sa fille. Mais entre-temps, l’œuvre est devenue la pièce maîtresse d’un événement dont cette grande artiste se souviendra longtemps.

« Je n’aurais jamais imaginé que cette toile serait médiatisée à grande échelle », assure Jill Devo. Les semaines qui ont suivi cette cérémonie funéraire lui ont été profitables. « Ça a créé un buzz immédiat. J’ai été fortement sollicitée pendant un mois sur les réseaux sociaux, en plus d’être à la une de plusieurs magazines », ajoute-t-elle.

Jill Devo peint des animaux

Jill Devo a saisi cette opportunité pour faire connaître l’ensemble de son œuvre. Outre les portraits de personnes qu’elle peint avec finesse et doigté, le grand public a également découvert son répertoire animalier. Le regard qu’elle porte sur les chiens, les chats, les vaches et même les singes, pour ne nommer que ceux-là, témoigne d’une grande acuité visuelle à percevoir les émotions. Et à reproduire une image somme toute fidèle à la réalité.

Dans son cas, on peut parler d’un talent brut, car elle ne peint que depuis un an seulement. Mais plus étonnant encore, cette jeune femme de 31 ans n’a suivi aucune formation avant d’en arriver là, mis à part quelques leçons apprises pendant son enfance. « Ma principale technique consiste à estomper les couleurs au moyen d’un chiffon, pour ainsi créer des zones d’ombre et de lumière », explique-t-elle. Nul doute que cette approche lui confère une signature distinctive.

Entrée par la grande porte

Maintenant qu’elle est sortie de l’ombre pour entrer dans la lumière, Jill Devo doit-elle s’étonner du succès qu’elle obtient? Oui et non. Elle s’attendait certes à ce que son art soit reconnu, mais pas au point d’être capable d’en vivre à court terme. La réponse a été très positive. À preuve, une année a suffi pour qu’elle obtienne quelque 3 500 mentions J’aime sur sa page Facebook.

D’autres artistes peignent depuis des années, pourtant ils n’ont toujours pas atteint cette renommée. « Je suppose que le facteur chance a joué dans mon cas, mais cet engouement m’indique que lorsque l’on fait les bonnes choses, la vie nous envoie des signaux pour dire que nous sommes sur la bonne voie », lance-t-elle. Cela dit, malgré une réussite qui ne fait aucun doute, cette virtuose du pinceau fait preuve d’humilité et ne s’assoit pas sur ses lauriers.

Croire à ce que l’on fait

La persévérance et la résilience sont les qualités premières qui conduisent vers la notoriété, dit-elle. « Il faut certes avoir confiance en soi pour atteindre des objectifs, mais la foi en ce que l’on fait et ce que l’on crée est encore plus importante. » Son travail n’a aucune velléité narcissique. Il vise plutôt la création d’oeuvres à la fois intéressantes et inédites.

Ses préférences penchent vers le noir et le blanc. Pourquoi? Parce que l’absence de couleurs évite les distractions, et permet d’aller à l’essentiel. Mais peu importe, car lorsque Jill Devo peint une toile, quelles qu’en soient les teintes qui la caractérisent, elle vit le moment présent. Ou plutôt, le temps n’existe plus, raison pour laquelle une fois lancée, elle peut peindre pendant 8 heures d’affilée sans même boire ni manger.

Interpeller les émotions

Pour qu’une toile soit réussie, elle doit susciter une émotion. Si tel est le cas, celui qui l’a peinte a fait son travail. Mais pour provoquer l’ivresse et un certain vertige, la personne qui la regarde doit apprécier ce qu’elle voit. En d’autres termes, on aime ou on n’aime pas. C’est selon.

N’empêche, certains artistes font l’unanimité, ce qui semble être le cas pour Jill Devo, en raison d’un charisme évident. « Les gens n’achètent pas toujours qu’une toile, ils peuvent aussi éprouver de l’affection pour son créateur », croit-elle.

Tout cela pour dire que cette artiste a suivi son instinct, qui a tracé une destinée dont les contours étaient inattendus. En se révélant à elle-même et aux autres, elle a démontré que la réussite sommeille en chacun de nous. Il suffit d’y croire.

Photos: Courtoisie Jill Devo

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