Coup de foudre canin à Cuba

Par François G. Cellier

30 novembre 2017 — Christine Noreau n’aurait jamais imaginé revenir de Cuba avec un… chien. En l’apercevant dans l’hôtel où elle séjournait, à Varadero, l’animal a bondi sur elle et ne l’a plus jamais quittée. Ce coup de foudre est survenu lors d’un voyage au pays de Fidel Castro, le 24 décembre dernier. La surprise fut totale.

Sévère coupure au pied

« Je me trouvais à Cuba en vacances pendant quatre jours », raconte Christine Noreau, qui est propriétaire d’un atelier de couture canine, mais aussi éleveuse de Yorkshires Terriers et sauveteuse d’animaux dans le besoin. Après s’être coupée sévèrement le dessous d’un pied en marchant sur du verre, Christine saignait abondamment. Il faut dire qu’au moment où s’est produit l’incident, elle marchait pieds nus dans le hall de l’hôtel.

Elle s’est assise sur un banc pour constater sa blessure, lorsqu’Edouardo est apparu subitement. L’animal ressemblait à un Chihuahua mélangé à un Teckel. « Il est arrivé de nulle part et m’a littéralement sauté dessus. Il semblait vouloir me réconforter. Je l’ai donc pris dans mes bras », se souvient Christine. Dès lors, ce chien s’est mis à la suivre partout. « Il était infesté de tics, notamment dans les oreilles, entre les pattes et sur les organes génitaux. J’en ai retiré quelque 151 à l’aide d’une pince à épiler, puis lui ai fait prendre un bain de mer pour le désinfecter. Je n’avais jamais vu un animal parasité de la sorte », s’étonne-t-elle.

Le buffet pour Edouardo

La journée s’est ensuite poursuivie en sa compagnie. Mais comme l’animal était amaigri, il fallait lui trouver un vétérinaire. Sa nouvelle maîtresse a donc entrepris des démarches pour en dénicher un. Après avoir repéré une clinique vétérinaire à Matanzas, elle constate que celle-ci est fermée, en raison du congé des Fêtes. En attendant qu’il puisse recevoir les soins appropriés, elle le promène en laisse et l’amène manger au buffet de l’hôtel. On lui en avait permis l’accès.

Comme Christine devait retourner au Québec le lendemain, soit le 25 décembre, un employé de l’établissement a accepté de garder Edouardo. Elle lui a laissé environ 200 dollars canadiens, ce qui représente une somme importante dans ce pays. « Je ne le connaissais pas du tout, mais j’ai fait confiance à la vie. À mon retour au Québec, nous avons communiqué ensemble sur Facebook », précise Christine.

Edouardo reçoit des traitements

Avant de partir, elle place un bracelet (qu’elle porte) au cou d’Edouardo, en guise de pacte. Elle espère retrouver son nouveau compagnon sous peu, pour se réapproprier ledit bracelet. Pendant son absence, qui a duré un mois et demi, le gardien d’Edouardo a logé l’animal chez lui. Il est ensuite allé le faire soigner chez un vétérinaire, en compagnie de son propre Chihuahua, pour s’assurer que ce dernier ne soit pas contaminé par des parasites. En plus d’être infesté de tics, Edouardo souffrait d’anémie sévère.

Pour adopter ce chien, Christine devait retourner à Cuba. Dans ce pays communiste, personne n’a le droit d’y exporter quoi que ce soit. Elle devait aussi obtenir l’autorisation du ministère de l’Agriculture (de Cuba). Chez nous, au Québec, Edouardo devait être vacciné contre la rage pour y être accepté, et afficher une excellente santé. En revoyant sa maîtresse, il l’a reconnue immédiatement et est allé à sa rencontre en courant. « Je ne le considère pas comme un chien, mais plutôt comme un ami fidèle et loyal. Ma relation avec lui est fusionnelle », affirme Christine sans hésiter.

Revoir la mer

Tout juste avant de quitter Varadero, Edouardo est retourné jeter un dernier coup d’œil à l’océan. « Je me suis alors demandée si le déraciner du pays où il est né était une bonne idée? Était-ce un plaisir égoïste d’agir ainsi? Ça m’a bouleversée, au point où je suis passée à un cheveu de renoncer à le ramener chez moi », avoue Christine. Mais après un moment à scruter l’immensité de la mer, Edouardo a vite rejoint sa maîtresse. Cet animal comprenait visiblement ce qui se passait.

Que ce soit aux aéroports de Cuba ou de Montréal, l’animal a fait sourire les douaniers. Il avait délibérément choisi sa nouvelle vie, et ne souhaitait qu’une chose : vivre avec sa maîtresse. Comme quoi les agréables surprises arrivent lorsque l’on s’y attend le moins. Edouardo et Christine ont uni leur destinée et sont en symbiose. « Des rencontres de ce genre n’arrivent qu’une fois dans une vie », conclut-elle.

Photo 1, 2, 3 et 4: Edouardo et Christine Noreau

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