TTouch: votre animal est-il déconnecté de la réalité?

Par François G. Cellier

5 juillet 2017 — Le bien-être animal rencontre, à peu de choses près, des paradigmes similaires au genre humain. En fait, toutes les espèces vivantes dotées d’un système nerveux ressentent les choses.

Or, chaque animal réagit différemment face à telle ou telle situation. À titre d’exemple, il existe des chiens qui sont mal à l’aise en voiture. Dès que le véhicule démarre, ils se mettent à aboyer en raison d’un inconfort. Ce comportement est-il légitime, ou est-ce qu’une déconnexion à la réalité environnante serait en cause?

Il existe une méthode appelée Tellington TTouch® qui, à la condition qu’une intervention médicale ne soit pas requise, peut être salutaire pour un animal aux prises avec des comportements atypiques. Elle fait appel à des « ttouchers » corporels combinés à des mouvements lents. Mais avant toute chose, on analyse comment ses mouvements s’organisent: sont-ils fluides? À quelle vitesse l’animal se déplace-t-il lorsqu’il marche et court? Et quand il bouge, est-ce que toutes ses flexions s’activent consciemment?

Limites

À la lumière des constats qui sont faits, on peut détecter des limitations physiques, qui créeront, par extension, un blocage psychique chez l’espèce observée. Il peut s’agir d’un chien, d’un chat ou d’un cheval, pour ne nommer que ceux-là. « Ces restrictions peuvent s’exprimer différemment d’un candidat à l’autre, notamment par un usage dysfonctionnel des pattes-arrières. Si un animal ne sent pas son arrière-train, il y aura forcément une incidence sur ses comportements, dont les possibles aboiements en voiture », détaille François Porcherel, copropriétaire des Grands Versants, et praticien de la méthode TTouch au Québec avec sa conjointe, Martina Lerner.

Autrement dit, si l’intégrité (émotionnelle, mentale et physique) d’un animal n’est pas optimale, il y aura des conséquences négatives sur sa mobilité, et par le fait même sur la confiance qu’il peut avoir en lui-même. Sa réactivité sera disproportionnée à l’égard des personnes, des choses et des événements. Pourtant, il ressentirait et ferait probablement les choses autrement si sa conscience était plus aiguisée.

Recommencer à réfléchir

Le chien qui aimerait se lancer aux trousses d’un chat qu’il a aperçu, de l’autre côté de la rue, peut irriter son gardien qui souhaite éradiquer ce comportement. Quelques séances de TTouch parviendront à défaire cette habitude, car l’animal apprendra à développer son attention globale face à une situation donnée — dans laquelle il s’inclura — et à réfléchir plutôt qu’à agir par automatisme. Son raisonnement l’amènera, entre autres, à analyser sa distance entre lui et le félin, et à se demander si quelque action qu’il tenterait serait dommageable pour sa sécurité.

C’est ce que l’on appelle entrer dans l’assimilation de la situation, tout comme les animaux sauvages le font. Ces derniers n’ont que très peu de références à un apprentissage de routine. Leurs actions s’inspirent d’une logique intuitive. À contrario, les animaux domestiques répètent généralement les mêmes gestes chaque jour. Ils circulent dans un environnement intérieur similaire, et reproduisent des routines apprises pendant leur éducation. « Bref, ils s’ankylosent, pourrait-on dire, ce qui génère des rituels mécaniques profondément ancrés en eux », note François Porcherel, qui a également développé une expertise en EMDR Animal.

Le ressenti décuplé

Le TTouch vise à réduire, au minimum, ces défaillances causées par des rituels répétitifs, fruits d’une entrave aux connexions nerveuses et d’une diminution du ressenti. Cette méthode permet la réorganisation corporelle, de sorte qu’au final, les réactions et les comportements inappropriés s’amenuiseront, voire disparaîtront. « Nous préconisons trois séances de TTouch au départ. Il en faudra parfois plus, ou moins, pour redonner son erre d’aller à un compagnon à quatre pattes. Son maître pourra ensuite appliquer lui-même la technique TTouch, qu’il aura apprise », précise François Porcherel.

Le TTouch enrichit la relation d’un gardien avec son animal, car ce dernier gagnera en autonomie, si bien qu’il pourra ensuite gérer lui-même les situations qui se présentent à lui. Il se tissera, peu à peu, une relation axée sur la confiance avec son maître. De plus, l’animal développera un haut niveau de confiance en lui-même. « Pour savoir ce que l’on fait, il faut ressentir », conclut François Porcherel.

Pour en savoir plus sur la méthode TTouch, consulter le site Web TTouch Québec.
François Porcherel : 819 362-5434

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