Coach du pardon animalier

 Par François G. Cellier

1er septembre 2017 – Le lien entre un animal et son maître n’est pas toujours acquis. Combien d’animaux sont abandonnés et euthanasiés chaque année, alors que ces deux scénarios auraient pu être évités.

L’abandon peut découler d’une absence d’attachement, ainsi que d’une méconnaissance des capacités émotives d’un chien, d’un chat ou d’un cheval, pour ne nommer que ceux-là. Au Québec, les problèmes d’accès à un logement locatif expliquent aussi le phénomène. Malheureusement, rien n’encourage les propriétaires qui interdisent les animaux à en permettre la présence, car ceux qui en ont n’adoptent pas toujours des comportements responsables.

Cercle du pardon

« Les animaux sont des êtres conscients qui ressentent, réfléchissent et font preuve d’une grande intelligence. Tout comme l’être humain, ils ont un cerveau », laisse tomber Sandra Friedrich, formatrice, animatrice et coach AnthroPaNimaL (APNL), pour qui la guérison du cœur passe bien souvent par eux. Plusieurs ateliers qu’elle donne en font la démonstration, par exemple le Cercle du pardon au milieu des chevaux, ainsi que le Parcours AnthroPaNimaL.

Diplômée en anthropologie, cette passionnée des bipèdes et quadrupèdes est également l’auteure d’un ouvrage actuellement en réédition. Celui-ci s’intitule Pour une société du lien avec l’animal : comment humains et animaux peuvent s’accomplir et être heureux ensemble. L’ouvrage nous apprend des choses étonnantes, par exemple que les animaux de compagnie sont « les fidèles et précieux observateurs de nos mouvements intérieurs. » Il éveille également notre conscience sur les nombreux enseignements propres à une relation avec un animal, mais révèle aussi la puissance qui sommeille en nous. Un second livre sur le même thème est en préparation.

Changement de paradigme

« Le 20e siècle a transformé notre manière d’être avec les animaux. Plusieurs espèces sont entrées dans nos maisons il y a environ 70 ans, par exemple les chiens qui, jadis, vivaient à l’extérieur à la ferme », expose Sandra Friedrich. Après des années consacrées à la recherche et à la réflexion sur cette question, elle en arrive à la conclusion qu’il faut recréer un lien avec eux, comme avec d’autres espèces domestiquées, car celui-ci n’a pas beaucoup évolué, pense-t-elle.

Réinventer ce lien ferait en sorte que l’animal domestique et son maître seraient réellement heureux. « De toute évidence, l’un des deux ne l’est pas toujours au Québec à l’heure actuelle », croit Sandra Friedrich. On pourrait changer les choses en bâtissant une relation d’un autre type, afin qu’ils puissent s’épanouir pleinement ensemble. À titre d’exemple, certains maîtres n’ont pas développé une relation approfondie avec un chien. Ils ne subviennent qu’à ses besoins primaires, alors qu’une autre dimension fondamentale se voit occultée.

Le deuil qui pardonne

Le lien avec un animal peut prendre diverses formes. Il se consolide notamment grâce au pardon. « J’ai maintes fois demandé pardon à mon chien, Sapi, avant qu’il me quitte pour d’autres cieux », nous dit Sandra Friedrich. Un tel comportement peut sembler étrange à priori, pourtant sa symbolique est cruciale, car elle permet de mieux cheminer lors d’un deuil animalier. « Je l’ai notamment fait pour mes manquements à son égard, par exemple en ce qui avait trait à ses besoins et à ses peurs. Je suis convaincue que Sapi comprenait mon intention », ajoute-t-elle.

Pendant ses 10 années de vie, ce chien lui a réappris à retourner dans son propre corps. Elle a ainsi pu vivre avec lui dans l’harmonie et le partage. Mais surtout, Sapi a connu une meilleure existence dans un environnement urbain conçu pour les humains. « Comprendre un animal, c’est se comprendre soi-même », conclut Sandra Friedrich.

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